Pour une Écologie Queer Décoloniale — Lettre à Etienne A.

Bonjour Étienne,

Suite à la publication de ton texte ‘Déclaration d’amour Queer’ on poursuit la recherche sur cette ligne, celle, en très bref, d’une écologie queer. On cherche des pistes qui permettent de poser et d’ouvrir le débat, et, à terme, qui pourraient permettre de dépasser certains conflits internes des luttes, conflits liés à la transphobie, au racisme, au sexisme ou à l’homophobie. Comme tu l’as pointé, la question Trans crée des clivages, non seulement dans les luttes environnementales mais au sein même des courants féministes, où un groupe comme le ‘Collectif des féministes révolutionnaires’ prend position nettement en réaction à une tribune transphobe Question trans: les colleuses contre les féminicides se divisent et toutes les femmes sont menacées (Huffington Post, le 12 février)

Collectif féministes révolutionnaires :

Les personnes trans n’ont de preuve à apporter à personne : il s’agit de leur corps, c’est à elles de décider […]

Être trans ne se mesure certainement pas au nombre d’opérations chirurgicales effectuées ! […]

La transphobie est un poison pour nos luttes, tout comme le sexisme, le racisme ou l’homophobie. Nous la combattrons, tant qu’il le faudra !’

Michèle Loup m’a aussi signalé cette autre tribune, publié à la suite, contre la transphobie :

 Le débat sur la place des femmes trans n’a pas lieu d’être  (libé 26 février)

Il n’y a pas, comme on a pu le lire, un débat qui opposerait féministes ‘matérialistes et universalistes’ d’un côté et ‘inclusives et intersectionnelles’ de l’autre.

Nous, femmes, transgenres ou cisgenres, féministes, refusons l’importation de ces débats transphobes en France. Nous refusons cette opposition entre femmes, nous refusons cette division ne servant que le patriarcat et réaffirmons la solidarité féministe. Les luttes des femmes trans rejoignent les luttes féministes, telles la lutte contre le paternalisme médical, l’accès à la PMA et la conservation de gamètes. Nous sommes toutes des femmes, toutes féministes. Toutes, nous subissons l’oppression patriarcale, le sexisme, l’exploitation domestique, les violences sexuelles, médicales, conjugales, le harcèlement et les discriminations. Toutes, nous réaffirmons l’importance de la sororité. Toutes, nous combattrons ensemble, unies, déterminées.’

Côté anti-nuke, on a trouvé un texte vraiment intéressant des ‘Bombes Atomiques’ sur les questions posées par l’organisation de leur rassemblement en septembre dernier à Bure en non-mixité. Un texte qui va dans ton sens !

RONDE FEU BURE

Nos féminismes seront transinclusifs ou ils ne seront pas

‘—Une mixité choisie entre femmes, meufs, gouines, trans, non-binaires et intersexes était la seule mixité possible selon nous, principalement pour trois raisons :

Pour certain.e.s du groupe il était impensable d’envisager un évènement mixte et doublement inimaginable de participer à un évènement cis-hétéro normé ;

Parce que le constat avait été posé que les collectifs/mouvements écolo/environnementaux/climat manquent de conscientisation à propos des rapports de domination. L’idée d’une mixité choisie sans hommes cisgenre était une occasion de pouvoir marquer à la fois nos engagements féministes et environnementaux au sein d’un seul évènement, et de laisser percevoir que d’autres formes de luttes pour la justice climatique sont possibles ;

Parce que la transphobie et l’homophobie de la société en générale, et plus spécifiquement de certains milieux féministes et écolos, sont insupportables. Il nous est inconcevable de revendiquer un féminisme et une écologie sans le respect des êtres vivant.e.s et de leur autodétermination. Il nous est impossible de penser une écologie liée au féminisme sans penser à la démolition du système hétérosexuel, et des catégories de genre. Nous rejoignons les mouvements qui luttent, conjointement, contre les dominations patriarcales, coloniales et environnementales.—‘

herecometheECOsexuals

À partir de là, on se trouve devant la question de l’apport queer au mouvement écologiste : qu’est-ce que la… libération queer apporte de plus ou de différent à l’écoféminisme ? On a posé cette question à Jeanne Burgart-Goutal qui vient de publier : Être écoféministe . En réponse, elle nous a envoyé deux supers textes : un texte de 1997 de Greta Gaard qui croise les théories queer et écoféministe et pose les bases de l’éco-queer, et une conversation récente entre Margaux Le Donné et Cy Lecerf Maulpoix où ce dernier explique son parcours depuis la Cop 21, son constat d’une domination masculine viriliste des luttes environementales, la création d’un groupe LGBTI et d’un Pink Bloc plus joyeux puis son voyage en Californie où il croise, entre autres, l’éco-sexe d’Annie Sprinkle et Beth Stephens.

Greta Gaard, 1997, TOWARD A QUEER ECOFEMINISM (extrait)

Les fondations pour un écoféminisme queer sont établies quand on interroge et reformule d’autres aspects de cette période historique : que des femmes accusées de sorcellerie furent accusées non seulement à cause de leur genre mais pour la perception qu’on avait de leur sexualité et de leurs pratiques érotiques ; que de telles femmes furent souvent brûlées avec des hommes qui entretenaient avec elles des rapports sexuels ; que la conquête coloniale des peuples indigènes d’Amérique fut autorisée en partie sur la base des comportements sexuels des natifs.[…] 

SORCIERES 1544

Ce que je dis c’est qu’une lecture attentive de ses différents mouvements de domination —la persécution des femmes et l’immolation des sorcières, celle de la nature au travers de la science et celle des peuples indigènes par le colonialisme— qui ont atteint un sommet pendant la même période en Europe de l’ouest, vont se trouver aux racines d’une idéologie dans laquelle l’érotisme, les sexualités queer, les femmes, les personnes de couleur, et la nature, sont tous conceptuellement liés. […] Une perspective écoféministe queer argumenterait que libérer l’érotique nécessite de reconceptualiser les humains comme participant autant de la culture que de la nature, capables d’explorer l’érotisme de la raison et la rationalité unique de l’érotique. Les écoféministes doivent être concernés par la libération queer, de la même manière que les queers doivent être concernés par la libération des femmes et de la nature ; nos oppressions parallèles sont nées de ce qui est perçu comme nos associations. Il est temps de construire notre commune libération sur de plus concrètes coalitions.  (Notre traduction)

BETH ET ANNIE ECOSEXUAL

Greta Gaard insiste sur la libération érotique, Cy Lecerf Maulpoix rencontre l’éco-sexe d’Annie Sprinkle et Beth Stephens, ‘qui encouragent différemment la reconnexion à l’environnement qu’il soit urbain ou rural, public ou intime, tout en conservant une tonalité érotico-humoristique’

[…] Inviter toute une région, et tous les queers du coin à un mariage festif et artistique avec une montagne ou un cours d’eau sensibilise évidemment aux enjeux écologiques du lieu et celles et ceux qui l’habitent.[…]

D’autres extraits de cette conversation permettent de préciser, vingt ans plus tard, les apports du queer à l’écoféminisme, et, finalement, leur relation à la question décoloniale :

Cy Lecerf Maulpoix et Margaux Le Donné : Conversation autour de la convergence contemporaine entre mouvements féministes et mouvements queer dans les ‘mobilisations climat’

CLM : J’avais en tête des exemples de mobilisations, de certaines actions et ZAP d’Act-Up dans les années 90. L’exemple des Queers for the Climate, un groupe qui avait été formé lors de la grande marche pour le Climat qui s’était tenue à New York (2014), était une dynamique qui pouvait être creusée – – […] le queer comme concept déconstructiviste permet de décloisonner énormément de choses et de les remettre en mouvement, qu’il s’agisse de nos identités de genres, sexuelles, sociales mais également de nos cloisonnements militants […] ailleurs, l’idée d’appréhender le monde autrement en oeuvrant à faire exister un rapport à la spiritualité, une écologie des relations entre humains et non-humains, tels étaient des principes qui furent simultanément travaillés par les éco-féministes et des penseurs et militants gays comme Harry Hay ou Arthur Evans dès les années 60. […]

MLD : Lorsqu’à la Woman’s March on Washington, Angela Davis rappelle que les combats pour la terre, pour l’eau, pour un environnement sain, constituent le « ground zero » des luttes, c’est pour mieux relier les luttes féministes, anti-racistes, pour les populations indigènes (native americans), pour les personnes trans.  […]  Si la lutte contre le changement climatique d’aujourd’hui fait écho à ces menaces, elle est parfois plus abstraite, mais ce qui demeure, c’est la nécessité de créer des espaces de lutte qui assurent à tou.te.s que le collectif prendra soin d’elleux. Or cela n’est toujours pas le cas ni pour les femmes, ni pour les minorités racisées, ni pour les minorités de genre.

Ce qui est certain c’est que lorsqu’on creuse l’actualité des luttes écologiques on tombe tôt ou tard sur la question décoloniale. On est ravi.e de la publication qu’on a faite avec Françoise Vergès et qui nous permet d’affirmer une direction écoféministe et écoqueer décoloniale, dimension qui te tient aussi à coeur ! Dans Un féminisme décolonial, elle écrit :

C’est un féminisme qui fait une analyse multidimensionnelle de l’oppression et refuse de découper race, sexualité et classe en catégories qui s’excluraient mutuellement. La multidimensionnalité, notion proposée par Darren Lenard Hutchinson, répond aux limites de la notion d’intersectionnalité, afin de mieux comprendre comment le ‘pouvoir raciste et hétéronormatif crée non seulement des exclusions précises à l’intersection des dominations, mais façonne toutes les propositions sociales et les subjectivités, y compris parmi ceux qui sont privilégiés’. Cette notion fait écho au ‘féminisme de la totalité’, une analyse qui entend prendre en compte la totalité des rapports sociaux . Je partage l’importance donnée à l’État et j’adhère à un féminisme qui pense ensemble patriarcat, État et capital, justice reproductive, justice environnementale et critique de l’industrie pharmaceutique, droit des migrant.e.s, des réfugié.e.s et fin du féminicide, lutte contre l’Anthropocène-Capitalocène racial et criminalisation de la solidarité. Il ne s’agit pas de relier des éléments de manière systématique et finalement abstraite, mais de faire l’effort de voir si des liens existent et lesquels. Une approche multidimensionnelle permet d’éviter une hiérarchisation des luttes fondée sur une échelle de l’urgence dont le cadre reste souvent dicté par des préjugés – – –

RESIST IMPERIALISM

Continuant cette quête multidimensionnelle, nous avons découvert Malcom Ferdinand  Pour une écologie décoloniale. Dans un entretien récent au FIFDH (Festival International du Film sur les Droits Humains) de Genève, il déconstruit l’écologie blanche et son mythe fondateur et romantique, les balades d’un homme blanc privilégié, seul dans la nature, tel Rousseau ou Thoreau. Il critique le concept d’antropocéne qui ‘ne rend pas compte des inégalités entre ceux qui ont contribué aux destructions des éco-systèmes de la terre’ et ceux qui vivent dans les bidonvilles’ par exemple . Il explique son concept de Négrocéne qui pointe le couplage des destructions des êtres humains et des éco-systémes et insiste sur le fait que les éco-systémes ont été detruits par une domination de tous les peuples premiers de la terre en Afrique, Asie ou Amérique :

Pointer déjà que le discours écologiste n’a pu se déployer qu’à la condition de silence de l’histoire coloniale, cela permet d’expliquer pourquoi aujourd’hui on se retrouve avec un ensemble de concepts et de catégories de pensée incapables de prendre en compte et rendre des comptes d’une expérience d’une majorité de la population sur terre. […] Si on prend l’exemple nucléaire, le mouvement écologiste s’est fondé en grande partie sur une critique très forte de l’énergie nucléaire, de la bombe nucléaire, c’était le cas notamment de Green Peace. On occulte les conditions coloniales qui ont rendu possible la production de ces techniques. L’uranium congolais est celui qui était dans la bombe qui a explosé au dessus d’Hiroshima ou Nagasaki en 1945. […] L’année dernière, Oscar Temaru, de la Polynésie française a assigné l’état français à la cour pénale internationale pour crime contre l’humanité, du fait de ses essais nucléaires. 196 essais nucléaires ont eu lieu en Algérie et en Polynésie jusqu’en 1995 sans qu’aucune justice ne soit rendue. […] Quand quelqu’un comme John Muir, l’un des fondateurs de l’un des premiers parcs de conservation aux états unis, parle de la wilderness, cette idée de la nature vierge, il parle de cette nature en des termes qui sont racistes et qui excluent les native américains de leur lieu de vie. […] Le mouvement Environmental Justice aux États Unis est intéressant parce qu’il lie la question du racisme et la question environnementale. D’ailleurs le terme même était une réponse à ce qu’eux-mêmes décrivaient comme un racisme environnemental. Mais une récupération de ce mouvement qui mettrait sous le tapis la question coloniale est tout à fait possible. Et c’est ce qu’on voit en France où le mouvement a été reçu d’une manière totalement dépolitisante [sous prétexte qu’on n’est pas raciste ! comme les américains !].

RESPECT INDIGENES

Malcom Ferdinand conclut quil y a certes une alliance à faire, mais que cette alliance ne se fera pas sans un examen critique de l’effacement de l’histoire coloniale par la pensée ecologiste.

Ce qui est clair c’est qu’il y a urgence à penser ensemble la Montagne d’or, Bure, le chlordecone, les essais nucléaires en Algérie et en Polynésie etc. C’est à dire de prendre en compte l’ensemble des catastrophes écologiques sur tous les territoires français (pour commencer) comprenant la ‘France tropicale’ comme le dit une femme martiniquaise dans le beau film de Florence Lazar, Tu crois que la Terre est chose morte.

Enfin, un texte tonique doté d’une impressionnante bibliographie, paru anonymement dans Lundi Matin en octobre 2019, La vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon pointe avec insistance les contradictions du concept de développement durable, inventé au Sommet de la Terre de Rio, en 1992:

C’est pour répondre à ces critiques ainsi qu’aux enjeux écologiques que le capitalisme fait véritablement émerger le Développement Durable au Sommet de la Terre à Rio en 1992 : celui-ci résoudrait enfin les contradictions internes du capitalisme. Il permettrait ainsi de prendre en compte les populations (droit à la dignité, autodétermination) et la terre tout en les exploitant.

Le colonialisme est donc encore aujourd’hui vivace : que ce soit dans la création des réserves naturelles qui mobilise des logiques de conquête sous forme de fronts écologiques, que dans les projets de développement durable qui assujettissent des populations à des intérêts capitalistes, blancs et bourgeois.

La poursuite du projet colonial au travers des fronts écologiques se fait via des agents spécifiques comme les ONG internationales. Le développement durable apparaît comme l’idéologie sous-jacente à ces projets coloniaux. La constitution de réserves naturelles s’inscrit parfaitement dans des pratiques coloniales dont le développement durable est l’avatar.

Ce texte, sous-titré Définitivement, il nous faut abattre cette écologie et son monde, s’attaque frontalement aux milieux militants écologistes [blancs] qui ‘ne sont pas exempte d’un racisme, latent, dont l’imaginaire écologiste est le vecteur le plus virulent.

Il est en effet très inquiétant que beaucoup d’écologistes et de partis écologistes n’hésitent pas à se rapprocher de la droite ou de l’extrême droite sous prétexte de ‘ne pas faire de politique’, dans le but inavoué de se protéger en tant que blancs, de rejeter la faute sur l’autre (par exemple sur la fécondité excessive des africain.e.s) et de préserver coûte que coûte un mode de vie qu’on ne pourra pas préserver.

Pour conclure provisoirement ce qui est un chantier à ciel ouvert, ce qu’on défend ici, c’est un ÉCO-ART, féministe, queer, décoloniale, écologiste qui rende nécessaire et logique une interconnection forte des luttes Écologique / Queer / Décoloniale / Anti-raciste / Anti-capitaliste / Anti-fasciste / Anti-nucléaire…  TOUT DE SUITE ! (Nul besoin d’attendre le Grand Soir pour cela). Une magnifique voie d’une urgence absolue !

Qu’en penses-tu ?
Amicalement,


NG et RM

P.S. : Comme tu le sais des personnes réagissent au côté ‘catho’ de ton texte. Pourtant il est clair que le plus gros de notre culture, que ce soit notre construction de la nature ou celle de la différence sexuelle, viennent de là. Et, à ce propos, Émilie Hache a participé au colloque Gaïa face à la théologie, aux Bernardins, les 6 et 7 février cette année, avec une contribution Le vol du sang dans laquelle elle décrit la ‘perte du monde’ causée par le passage d’une religion de la génération à une religion (chrétienne, donc) de la création qui a simplement laissé dehors la moitié féminine de l’humanité, la sexualité, le sang menstruel, etc. En très court, sa thèse est qu’en se coupant des rites de fertilité liés à la procréation, les chrétiens ont décollé de terre et ont oublié la maison commune. Que si l’Église aujourd’hui veut se préoccuper de la planète alors elle doit revoir ses dogmes dans les grandes largeurs.

Elle explique que,

«les cultes agraires (…) participant à la continuité paradoxale et mystérieuse de la vie et de la mort, (…) collaborant au renouvellement du monde, font de la sexualité, de l’union sexuelle en tant que pouvoir de relancer l’activité procréatrice de la terre, c’est à dire encore comme pouvoir de renouvellement de la vie sur terre, le coeur de ces mystères [et] honorent ce qu’on pourrait appeler le mystère de la génération [ce] qui explique l’immense condamnation par l’église de la sexualité (…) C’est à dire que s’oppose ici création du monde par un dieu masculin et seul, et génération ou procréation du monde, par définition liée au féminin. La disparition du féminin, et donc de la procréation dans le christianisme entraîne le rejet de toute valeur sacramentaire de la sexualité. On n’en a plus besoin, voire même cette dernière fait concurrence à la création comme processus d’engendrement et de renouvellement du monde, d’où peut-être la violence de cette condamnation. (…) On comprend maintenant peut être mieux le lien que j’ai avancé entre la disparition du féminin et l’abandon ou la perte du monde dans la religion catholique… »

À partir de cette analyse elle fait une ‘proposition de paix’. Convaincue que ‘l’église peut et doit changer si elle veut sérieusement garder et sauvegarder la maison commune’. Cette réconciliation suppose d’abord ‘de faire de la place (de faire véritablement de la place) au féminin et à la génération dans cette religion de la création’.

cf. aussi Du sexe de dieu et de sa créature, et autres questions —par Rémi Marie

Et, à propos d’Écosexe,  NG  ÉCOSEXE  2016

NG-ecosexe -2016

 

 

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