Uni-es contre les vampires – texte de Pierre Alferi + Appel à Boycott (à signer) –

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UNIES CONTRE LES VAMPIRES ! copie

NOUS RÉACTIVONS L ‘APPEL D’OCTOBRE 2014 LANCÉ PAR PIERRE ALFERI  À L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE LA FONDATION VUITTON . NOUS PRENONS  LA BANDEROLE – UNI-ES CONTRE LES VAMPIRES – CRÉÉE PAR  ART EN GRÉVE COMME UN PROGRAMME . NOUS N’IRONS PAS À LUMA, ARLES – LA FONDATION FIMINCO, ROMAINVILLE –  LA FAYETTE ANTICIPATION, PARIS – LA FONDATION LOUIS VUITTON, PARIS –  PINAULT, VENISE ET PARIS- LA BOURSE RÉVÉLATIONS, EMERIGE  – LA FONDATION RICARD, PARIS – LA FONDATION CARTIER, PARIS.

Premiers signataires  (liste en cours ) :

Art Debout
Ana Bloom
Alex Sciam
Pierre Alferi
Etienne Ambroselli
Agnès Aubague le Bureau
Pierre-Ulysse Barranque
Nathalie Cazal
Barbara Crane Navarro
Arnaud Elfort
Nicolas Flesch
NG
Frédérique Guétat-Liviani
Valérie Lafont
Christine Lapostolle
Ramzi Lobbardi
Stéphane Magnin
Rémi Marie
Catherine Merdy
Marianne Mispelaëre
Denis Moreau
Marianne Pradier
Nathalie Quintane
Nicolas Ramel
Pascal Rousse
Daniele Sanchez
Daniel Siloret
Cédric Simon
Jean-Paul Thibeau
Béatrice Tor
Jean luc Verna
Fred Wall°ich

 

(Pour signer cliquer sur l’onglet CONTACT et laissez votre nom et un commentaire événtuellement.)

DEVANT CARTIER- PAS DE CARTIER

quand le sage ---

APPEL 2014

L’art n’est-il qu’un produit de luxe?

La Fondation Louis-Vuitton, un nouveau musée d’art contemporain créé par Bernard Arnault dans le Bois de Boulogne, est inaugurée ce lundi 20 octobre par François Hollande. Des écrivains, des philosophes, des artistes critiquent le rôle croissant des grands groupes financiers dans l’art contemporain et dénoncent les « nobles mécènes » qui « ne sont en vérité que des spéculateurs ».


Le rôle toujours croissant, dans l’art contemporain, des grands groupes financiers liés à l’industrie du luxe y suscite encore moins de débats que celui des tyrannies pétrolières. Les intellectuels, critiques et artistes qui œuvrent ici, pourtant traditionnellement enclins aux postures « radicales » et aux discours contestataires, semblent aujourd’hui tétanisés par la peur d’une fuite des capitaux, comme si la plus petite réserve émise les exposait à des représailles qui les frapperaient au portefeuille. Dans ce milieu pourtant bavard, et qui sut être quelquefois frondeur, une véritable omertà règne dès qu’il s’agit de financement. Lorsqu’on émet des doutes sur le désintéressement de tel ou tel patron (au sens de « mécène »), on se voit répondre en général que nul n’est dupe, mais qu’il n’y a pas d’alternative – c’est la fameuse TINA (There Is No Alternative). Le désengagement des États, appauvris par une crise où les mêmes grands financiers ont joué un rôle majeur, condamnerait en effet le monde de l’art et de la culture à mendier chez les très riches.

Nous ne nous posons pas en modèles de vertu. Qui n’a, dans ce milieu, participé un jour ou l’autre aux manifestations d’une fondation privée ? Mais quand les plus grosses fortunes de France rivalisent pour intervenir massivement dans la production artistique, les arguments classiques en faveur de ce type de financement nous paraissent faibles et hypocrites.

On insiste toujours, lors des manifestations artistiques ainsi « sponsorisées », sur l’étanchéité de la séparation entre l’activité commerciale du « sponsor » et l’activité culturelle de la fondation qui porte son nom. De fait, il fut un temps où de grands mécènes aidaient les arts sans se mettre en avant. Ils se contentaient d’une mention en corps 8 au bas d’une troisième page de couverture, d’une plaque émaillée au coin d’un édifice, d’un mot de remerciement en préambule. Mais notre époque est aux annonces fracassantes, aux fêtes pharaoniques et aux publicités géantes. On ne donne plus carte blanche à un artiste en demeurant dans l’ombre : on lui commande la décoration d’une boutique sur les Champs-Élysées ou la mise en scène de l’inauguration d’une succursale à Tokyo. Le magasin de sacs n’est séparé de la galerie que par une mince cloison, et des œuvres viennent se mêler aux accessoires, eux-mêmes présentés sur des socles et pourvus d’un cartouche. Les boutiques de luxe, désormais, se veulent le prototype d’un monde où la marchandise serait de l’art parce que l’art est marchandise, un monde où tout serait art parce que tout est marchandise. Il est vrai que les nouveaux maîtres du marché de l’art ont su, en leur faisant des passerelles d’or, débaucher les experts et les commissaires les plus réputés, contribuant ainsi à l’appauvrissement intellectuel de nos institutions publiques. Mais ce n’est aucunement pour leur donner les moyens de servir une idée de l’art en tant que tel, car le patron ne cesse d’intervenir dans des transactions qui l’intéressent au plus au point.

Pas plus qu’il n’y a d’étanchéité entre les affaires et les choses de l’art, il n’y a, en effet, d’innocence ou de désintéressement dans les aides que ces gens dispensent. Leurs employés ont bien soin de rappeler que le mécénat est une ancienne et noble tradition. Sans remonter au Romain Mécène – délicat ami des poètes – ils citent Laurent de Médicis, Jacques Doucet ou Peggy Guggenheim, dont messieurs Pinault et Arnault seraient les dignes successeurs. Quand bien même ils seraient ces gentils amateurs éclairés que nous dépeignent les pages Culture des journaux – et non les affairistes que nous révèlent leurs pages Économie –, les faits comptables parlent d’eux-mêmes.

L’essence du véritable mécénat est dans le don, la dépense sèche ou, pour parler comme Georges Bataille, « improductive ». Les vrais mécènes perdent de l’argent, et c’est par là seulement qu’ils méritent une reconnaissance collective. Or, ni monsieur Pinault ni monsieur Arnault ne perdent un centime dans les arts. Non seulement ils y défiscalisent une partie des bénéfices qui ne se trouvent pas déjà dans quelque paradis fiscal, mais ils acquièrent eux-mêmes, pour plus de profit, des salles de ventes, et ils siphonnent l’argent public (comme avec la récente exposition si bien nommée À double tour de la Conciergerie) pour des manifestations qui ne visent qu’à faire monter la cote de la poignée d’artistes sur lesquels ils ont provisoirement misé. Ils faussent le marché en s’appropriant tous les maillons de sa chaîne, en cherchant à faire et défaire des gloires. En un mot, ils spéculent, avec la collaboration active des grandes institutions publiques, qui échangent faveurs contre trésorerie. Déjà premières fortunes de France, ils s’enrichissent ainsi, encore et toujours plus, au moyen de l’art. Ceux qui se présentent à nous comme de nobles mécènes ne sont en vérité que des spéculateurs. Qui ne le sait ? Mais qui le dit ?

Un argument plus faible encore en faveur de ce mode de financement pour l’art en appelle au respect de l’esprit d’entreprise et à l’égard dû aux intérêts industriels de la France. Ne doit-on pas reconnaissance à ces fleurons du CAC 40 pour l’aide qu’ils apportent à la création ? Il suffit pourtant d’un coup d’œil sur l’histoire de groupes financiers comme ceux des frères ennemis Kering-Pinault et LVMH-Arnault pour comprendre qu’il ne s’agit plus, et depuis longtemps, de groupes industriels. Leur politique est clairement, strictement, financière, et la seule logique du profit détermine pour eux abandons et acquisitions d’entreprises. Viennent de l’apprendre à leurs dépens plus de mille femmes licenciées après avoir consacré leur vie professionnelle à La Redoute. La grande entreprise d’aujourd’hui a perdu l’usine dans le flux tendu ; elle a égaré sa production industrielle dans la jungle asiatique. Sa politique du tiroir-caisse et de l’évasion fiscale n’a plus rien à faire des intérêts nationaux, comme le prouve le récent coup d’éclat de monsieur Arnault en Belgique. Il s’agit de la politique même – obsédée par les dividendes et le profit à court terme – qui a provoqué la plus grave crise économique de ces cinquante dernières années, a mis à genoux des nations entières et a jeté dans la misère et le désespoir des millions de nos voisins européens.

Mais qu’importe l’immoralité du capitalisme incarné par ces nouveaux princes, nous dit-on : les manifestations artistiques ne sont d’aucune conséquence pour eux, qui agissent à une autre échelle. Cet argument cynique se heurte à l’évidence de l’orchestration médiatique. Car la nouvelle culture entrepreneuriale croit en l’« événementiel » comme en un nouveau Dieu. La finance et la communication ont remplacé l’outil industriel et la force de vente. Or l’art, bon ou mauvais, produit de l’événement, souvent pour son malheur et quelquefois malgré lui. Il fluctue comme l’argent, et son mouvement même peut devenir valeur boursière. Pour une société qui se rêve rapide, indexée sur les flux, il a le profil même de l’objet du désir. Il offre donc aux nouveaux consortiums financiers une vitrine idéale. Il peut être brandi par eux comme leur projet existentiel. Et pour que cette symbiose néolibérale soit viable, il suffit que l’art s’y laisse absorber, que les artistes renoncent à toute autonomie. Rien d’étonnant, alors, à ce que l’académisme d’aujourd’hui soit designé : chic et lisse, choc et photogénique, il est facilement emballé dans le white cube du musée, facilement déballé dans le cul de basse fosse des châteaux de cartes financiers. Les musées privés de nos milliardaires sont les palais industriels d’aujourd’hui.

Pouvons-nous encore croire que l’appropriation de notre travail et la caution de notre présence ne sont qu’un élément négligeable de leur stratégie ? Il en est, parmi nous, qui se disent non seulement de gauche, mais marxistes, voire révolutionnaires. Peuvent-ils se satisfaire d’une telle dérobade ? La puissance écrasante de l’ennemi en fait-elle un ami ? En ces temps de chômage de masse, de paupérisation des professions intellectuelles, de démantèlement des systèmes de protection sociale et de lâcheté gouvernementale, n’avons-nous pas mieux à faire, artistes, écrivains, philosophes, curateurs et critiques, que de dorer le blason de l’un de ces Léviathan financiers, que de contribuer, si peu que ce soit, à son image de marque ? Il nous semble urgent, en tout cas – à l’heure où une fondation richissime a droit, pour son ouverture, à une célébration par le Centre Beaubourg de son architecte star (Frank Gehry) – d’exiger des institutions publiques qu’elles cessent de servir les intérêts de grands groupes privés en se calant sur leurs choix artistiques. Nous n’avons pas de leçon de morale à donner. Nous voulons seulement ouvrir un débat qui se fait attendre, et dire pourquoi nous ne voyons pas matière à réjouissance dans l’inauguration de la Fondation Louis-Vuitton pour l’art contemporain.

Pour voir la première Publication de 2014 avec les signataires : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/201014/lart-nest-il-quun-produit-de-luxe

Lire aussi DE L’ART, DE L’ARGENT, DE LA MORALE

la vraie misere hardcore

COMMENTAIRES

NG    dessin 2017

ETAT-CACA-DESSIN-ARNAULT-PINAULT-reglage plus fin-Bassedef

Pascal Rousse   Fin de l’hypocrisie

Denis Moreau   Contre les vampires oui !! Très beau texte de Pierre Alferi.. et oui je boycot cet art comptant pour rien d’être exposé dans ces lieux mortifères que sont ces grandes fondations de nos vampires du crash 40..

Daniele Sanchez   Pour la Vie, l’art et la justice.

Arnaud Elfort     À la lecture du texte de Pierre Alferi , je me dis que si l’on se positionne contre l’intervention de grands groupes capitalistes dans la production artistique, et contre la collusion privé-public (qui va au-delà d’un alignement des institutions publiques sur les tendances du marché, mais est aussi une infiltration de ces dernières (d’ailleurs ce serait bien de rajouter à la liste Dassault, trop présent dans des institutions, mais également la Fondation Clément à la Martinique*), pourquoi s’arrêter en chemin ?
On ne va pas refuser d’exposer à la fondation Louis Vuitton, refuser de les aider à se donner une image avantageuse, alors qu’on dégueule leur éthique, pour accepter ensuite de vendre ses œuvres au « collectionneur » Bernard Arnault.
Ça n’aurait aucun sens.
Donc, ce premier positionnement en amène un second qui est de se positionner contre le marché de l’art, terrain de la spéculation (attention, être contre le marché de l’art ne veut pas dire être contre toute forme d’échange).
OK.
Mais est-ce qu’il n’y aurait pas, dans le texte, et dans mes refus, l’idée d’une recherche d’autonomie et d’émancipation qui chercherait à s’affirmer ? En actes ?
Et de fait, peut-on se satisfaire du fonctionnement actuel du champ ? À la fois hautement concurrentiel, mais où la valeur d’une œuvre ne repose sur aucun critère objectif, sur aucun système de valeurs hormis l’argent ?
Non
Pourquoi dès lors, même dans le cadre d’institutions publiques, continuer à jouer ce jeu sélectif, en envoyant : dossiers + projets+ cv, qui prennent un temps fou à faire .. sans oublier le réseautage, pour l’obtention de bourses, résidences, et autres (qui ne font d’ailleurs que suspendre temporairement la précarité), et dont on ne connaît (et pour cause), aucune des modalités sélectives ?
Pour la négative, au moins quatre raisons :
– l’absence de système de valeurs donc ;
– la soumission contradictoire que cela induit (l’artiste serait libre) ;
– la situation d’hétéronomie de celui ou celle qui cède le contrôle de ses moyens de production et son pouvoir décisionnel.
– enfin, une façon d’envisager l’art, et de l’imposer aux artistes, qui est sans doute, une antinomie du processus artistique même.

Dans ces conditions, ne serait-il pas plus bénéfique aux artistes, de repenser leurs productions, en fonction de leur économie ? Est-ce que des œuvres produites avec quasi rien, ne seraient pas plus stimulantes, émancipatrices de ce point de vue ? Point de vue qui n’empêche pas les autres, soit dit en passant.
Est-ce qu’il n’y a pas un travail CRÉATIF à mener à cet endroit ? Inventif, et politique ? Est-ce que ce n’est pas le véritable travail créatif du moment à mener, collectivement ?
Trouver, construire, produire, inventer d’autres formes, d’autres lieux, en dehors du marché de l’art, pour sortir de ces contradictions destructrices. Destructrices de sens,bien sûr, et d’une certaine mesure, de notre travail, dès lors que l’on envisage l’art comme une tentative de production sémantique.

* Le groupe GBH, propriété de la famille Hayot en Martinique, une famille de Békés qui, en plus de son rapport à l’esclavage, est responsable de l’importation et de la diffusion du Chlordécone (autorisé par l’État français), alors que la toxicité du produit était déjà bien connue. Et dont les épandages ont contaminé les sols de l’île ainsi que la population martiniquaise…C’est ce même groupe qui à ouvert la Fondation Clément « qui mène depuis 2005 des actions de mécénat en faveur des arts et du patrimoine culturel à la Martinique. » https://www.fondation-clement.org/mieux-nous-connaitre/la-fondation-clement

Frédérique Guétat-Liviani   je n ai rien contre le mécénat en soi, d ailleurs j ai le souvenir d une conversation avec la directrice de la Literaturhaus d Hambourg après une lecture, elle m avait raconté que le lieu bénéficiait de soutiens financiers de mécènes, j avais demandé qui étaient ces mécènes, elle m avait répondu qu ils preferaient rester anonymes…j avais trouvé ça plutôt sympathique…mais ce qui se met en place aujourd hui avec Vuiton and Co ce n est plus du mécénat mais une instrumentalisation systématique de l art au service du grand capital. Et puis dans la mesure où l on privatise tout: éducation, hôpitaux, transports…etc. on ne va pas tarder à privatiser aussi les collections des musées sous prétexte qu elles coûtent trop cher à l État…

Stéphane Magnin   L’autonomie des artistes au sens large doit être reconsidéré, refondue par chacun, tant que marché aura des candidats, le Systéme perdurera…/…(poils aux bras).

Jean-Paul Thibeau   Pour en finir avec la destruction de la sensibilité et de l’intelligence par le capitalisme carnassier

Béatrice Tor  Je désire signer l’appel, avec joie, avec rage, avec soulagement car il est enfin possible de percer l’omerta qui nous tue.

Etienne Ambroselli   oui  après réflexion je signe . Mais ma réflexion reste à approfondir sur ce sujet que je connais mal.  Je ne sais plus ce que veut dire le mot « art »  . Quel sens l’art pourra encore avoir dans une période d’effondrement. etc…

Valérie Lafont       l’Art- alibi de la défiscalisation c’est comme rester englués dans cette vieille féodalité. 230 piges après la « révolution », c’est idiot, non? Que les riches règlent leurs ardoises au monde en direct, leurs états d’âme avec leurs potes ou avec Dieu, et leurs impôts, à l’Etat.

Alex Sciam     Tout a déjà été dit ici, merci à vous d’avoir lancé cette initiative pour qu’enfin l’on s’unisse !

Marianne Pradier      Bonjour je ne sais pas ce que je peux faire mais je veux faire quelque chose. Ça va bien leur saleté.

25 janvier = action des artistes en lutte lors du vernissage à Fiminco

action FIMINCO

extrait du texte lu :  ‘Ce qu’il se passe ici fait système et révèle à partir d’un cas particulier des dynamiques plus globales, en particulier le rôle que l’on fait jouer à l’art dans les processus de gentrification violente. La fondation Fiminco refaçonne un quartier de Romainville dans l’un des départements les plus pauvres de France : elle y installe des galeries d’art prestigieuses et des centres commerciaux de luxe, un rappel aux habitants et habitantes les plus précaires qu’ils.elles ne seront bientôt plus les bienvenu•es. Le centre d’art contemporain repose sur des parcelles relevant d’un niveau de pollution qualifié « d’industriel », ce qui interdit en théorie toute construction de logements. Pourtant 18 ateliers d’artistes sont en construction pour des résidences – – – Par ailleurs le projet voisin d’une transformation en « base de loisir » de la forêt de Romainville s’inscrit dans la même logique : il s’agit d’un projet très onéreux, archaïque et anti-écologique, qui s’accompagne de la démolition de la cité Gagarine et du relogement contre leur gré de 3000 habitants. – – – c’est bien une politique d’ensemble que nous refusons : cette politique qui reproduit les inégalités de genre, de classe ou de race.- – – nous appelons à rejoindre le mouvement, avec l’espoir de construire collectivement une alternative solidaire & intersectionelle à la marchandisation du monde.’

Quelques jours plus tard deux artistes refusent de participer à l exposition KOMUNUMA1   extrait de leur texte : ‘- – – – Il nous semble impossible de travailler au sein d’un contexte tel que le site Komunuma. Le projet de gentrification de Romainville entrepris par le groupe Fiminco s’inscrit de plain-pied dans une logique capitaliste de gestion de nos espaces publics par des acteurs privés, ayant pour effet d’accentuer la ségrégation sociale et d’éliminer les corps politiques les plus vulnérables. – – – nous ne souhaitons pas indirectement participer à légitimer la violence des pratiques exercées par la Fondation Fiminco et l’association Jeune Création. À l’image des oiseaux éliminés par un sniper parce qu’ils occupaient le bâtiment de la Chaufferie – –  Nous refusons que nos pratiques artistiques soient instrumentalisées à ces fins. – – -L’événement qui s’est produit le 25 janvier nous a démontré qu’il est aujourd’hui possible d’adresser notre critique aux institutions responsables de ces violences directement, et non plus à travers un objet d’art.  – – – En retirant notre travail de l’exposition A spoonful of sugar nous souhaitons ancrer notre action dans le mouvement social en cours, donner un sens concret à nos positionnements d’artiste, et contribuer à construire collectivement une alternative au monde que le groupe Fiminco est en train d’imposer à Romainville. – – -‘ le texte complet des deux interventions sur https://documentations.art/

Barbara Crane Navarro    En plus des projets détaillés dans mon website, je suis en train de faire un projet anti-bijoux-de-luxe/anti-greenwashing contre Cartier qui présente une expo à la fondation Cartier « La Lutte Yanomami » pendant que les Yanomami sont en train de lutter contre l’orpaillage saccagant leur territoire! Pour le vernissage, ils ont fait venir Davi Kopenawa de l’amazonie pour parler des problèmes des Yanomami !!!

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Leur derniere expo était « Nous les Arbres » et je me demande de quels arbres il s’agit quand il faut arracher les arbres et empoisonner les fleuves et le sol pour extraire l’or pour leur bijoux et leur montres ???

Voici mon message pour Davi Kopenawa: Lorsque le cacique Raoni Metuktire était à Paris, il a demandé aux Européens d’arrêter de manger de la viande afin de protéger les Kayapo du Xingu de la destruction de leur territoire par l’agro-industrie. Vous, représentant des Yanomami, devez demander aux Européens d’arrêter d’acheter, de vendre et de porter de l’or afin de protéger le territoire Yanomami. Cartier, la société de luxe de montres et de bijoux en or vous invitant à venir à Paris pour parler, profite de la sympathie que les Français ressentent pour les Yanomami et vous utilise, ainsi que Claudia Andujar, comme cadeaux promotionnels pour verdir leur implication dans l’industrie extractiviste. L’exposition «La lutte des Yanomami» est présentée par l’industrie de l’or, la même qui cause la destruction de votre forêt et de vos vies. Cartier exploite plus de 200 magasins dans 125 pays et en 2018 a été classée par Forbes comme la 59e marque la plus riche et prestigieuse au monde. Il n’y a aucun moyen durable d’extraire de l’or. Les forêts sont détruites pour faire place à l’exploitation minière et les rivières sont contaminées. Le cyanure est utilisé dans l’industrie de l’extraction d’or légale au lieu du mercure utilisé dans les mines illégales, mais les résultats toxiques de l’utilisation du cyanure sont les mêmes. L’industrie légale de l’or est un labyrinthe de mineurs, de banquiers, de trafiquants et de boutiques de luxe. Même dans les mines d’or légales à grande échelle, il existe des réglementations laxistes, l’accaparement des terres, l’expropriation sanctionnée par les gouvernements et les déchets toxiques. Le crime organisé contrôle le marché de la distribution d’or illégale et l’or extrait illégalement occupe une part importante du marché mondial de l’or. Dans le cas de l’Amérique latine, les experts estiment qu’un tiers de l’or exporté de la région est extrait illégalement. L’une des raisons pour lesquelles l’or illégal est si important pour les groupes criminels est que, contrairement à la cocaïne, il existe une version légale qui lui ressemble exactement. Les narco-trafiquants contribuent à la violence dans la région amazonienne. Leurs opérations reposaient auparavant sur le trafic de drogue. Maintenant, ils dépendent également de l’or illégal. Les réseaux criminels vendent l’or sale aux entreprises, y compris Apple, la société la plus connue utilisant l’or dans ses produits. Cette chaîne d’approvisionnement illégale va partout dans le monde de Samsung à Cartier. Beaucoup de ces sociétés utilisent de l’or dans des articles électroniques comme les téléphones portables. Cartier représente le fétichisme des produits et bijoux de luxe – des articles qui sont fonctionnellement inutiles à la société humaine. Vous pouvez cliquer sur ce lien: cartier.com.br pour voir quels articles d’or de luxe qu’ils vendent au Brésil, puis vous pouvez cliquer sur Fondation Cartier pour voir comment ils vous présentent pour donner l’impression qu’ils se soucient de la forêt et des peuples autochtones pendant qu’ils continuent à vendre de l’or au monde. «Vous devez faire chaque choix comme si la vie de votre Mère Terre en dépendait, comme si votre propre vie en dépendait, comme si la vie de vos enfants en dépendait.» – John Lundin

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Guillaume – participant de Art en Gréve Paris Banlieue   Je trouve que cet appel a le merite d’ amener art en grève à un endroit où ce mouvement devra se positionner un jour ou l’autre, à savoir son rapport à la réalité institutionnelle du champ de l’art et dans quelle mesure la lutte pour un statut de travailleur de l’art est compatible avec ces contextes de travail toxique. Y a t il encore un sens à travailler dans le champ des arts visuels tel qu il est structuré aujourd’hui ? L’obtention d’un statut de travailleur de l’art permettra t-il d’abolir les formats coloniaux et bourgeois qui sont l’ADN de l’art contemporain et justifient son existence ? Est-ce bien le lieu où nous souhaitons construire nos luttes ou bien ne devrions pas commencer à destituer au moins théoriquement ces espaces condamnés à devenir accessoire dans le temps (ne serait ce que d’un point de vue écologique), et proposer plus de solutions alternatives. Concernant la forme de l’appel, d’experience, j ai remarqué que les rethoriques moralisatrices ont plutôt tendance à diviser plutôt qu’à rassembler et échouent à faire évoluer progressivement les gens vers une position plus radicale que là où ils se situent initialement.  Or il est clair que art en greve n en est pas là encore .

Aurélien  – participant de Art en Gréve Paris Banlieue   Art en grève pourrait cautionner ce texte mais je ne vois pas ce que ça apporterait de plus. Nous nous inscrivons déjà dans la continuité de cette pensée critique. L’action chez Fiminco n’a pas consisté à « dorer le blason de l’un de ces Léviathan financiers », mais à lui signifier notre dégoût, et il est évident que les organisateurs de Jeune Création auraient préféré qu’on reste à la maison ou qu’on se réunisse à trente devant la grille plutôt qu’on pénètre dans le bâtiment pour déployer une banderole dénonçant l’entreprise Fiminco.
Comme l’a dit le flic municipal que la mairie de Romainville nous a envoyé : « Le problème, c’est qu’ils ont réussi à s’introduire ».
Concernant le chapeau appelant à ne plus mettre les pieds dans les fondations, il me semble encore trop sommaire. Moi je trouve très bien qu’on mette les pieds dans une fondation pour y faire une action politique. Est-ce qu’il aurait fallu ne pas bloquer Italie 2 au motif qu’on ne veut plus aller dans les centres commerciaux ? Il me semble que bloquer les magasins sous la menace des flics n’a rien à voir avec le fait d’y faire ses courses ou même d’y bosser.
Enfin, je rappelle qu’un grand nombre de participant⋅es au mouvement Art en grève sont des professionnel⋅les de l’art engagé⋅es et politisé⋅es à des degrés divers. Prôner, pour tout le monde, en bloc, sans distinction de situations, une rupture totale et immédiate avec les institutions actuelles, me semble improductif et contraire à la construction solide d’un rapport de force des travailleur⋅ses de l’art avec leurs sales bailleurs.

Guillaume Poulain     Je ne sais pas encore si je vais signer la pétition. D’abord, je pense que l’on n’a pas besoin de parler à ces fondations, il suffit de travailler sans elles, dans la rue ou autre. Également parce que je suis en plein dedans ayant passé un an de résidence à la fondation X  et que la décence m’invite à assumer ma participation et ne pas tomber dans une posture cynique que j’essaie d’éviter à tout prix.
Cependant, si j’ai finalement accepté cette résidence, je ne crois pas avoir changé d’avis sur le fond. La disparition de ces fondations, et la disparition tout court de cette industrie du luxe et de la « culture » fer de lance du capitalisme est souhaitable et nécessaire.
Je suis donc dans une situation assez complexe et cela est assez réjouissant malgré tout.
Complexe car j’ai pu travaillé grâce a cette fondation X avec une grande liberté et un soutien sans faille. J’ai côtoyé beaucoup d’artisants, d’ouvriers de l’art, des agents d’entretiens, mais également des cadres, des directeurs. Tous ont été curieux, généreux et je crois contents de ces rencontres. Un vrai bonheur quoi. Les boules ! Il m’est impossible de condamner ou réduire cette expérience à un mot d’ordre. J’ai trouvé un rapport à l’art et aux artistes qu’il devient rare de trouver dans les institutions publiques ou complètement dévolues à soutenir les artistes et l’art.
Si j’ai travaillé avec une liberté rare, je sais très bien que ma participation et mon travail devient un soutien de cette mécanique des fondations et de l’appropriation de l’art par l’argent. Je ne suis pas dupe. Je participe.
Mais j’ai fait ce choix et je ne le regrette pas (encore?).
Je l’ai fait également sur la base que chaque jour, je participe à une multitude de choix de ce type là. Je paye mon loyer à quelqu’un que je déteste, j’ai un téléphone et paye Bouygues chaque mois, le maire de ma ville est un connard, le ministère de la culture et les drac me font vomir, je paye la police, ses équipements pour les prendre en pleine gueule, et pour couronner le tout je dois chaque jour m’adapter aux décisions immondes de Macron. Et j’en passe, évidemment. Et on est tous la dedans.
Je pèse donc le pour et le contre.
Je conclus donc en affirmant mon souhait que les grands groupes capitalistes disparaissent et les fondations avec eux. Même s’ils m’ont permis de passer une année de travail artistique magnifique, et de rencontrer des gens formidables.
Un peu comme je pourrais dire que facebook ou la 3g m’ont permit de rencontrer la femme que j’aime, mais que je souhaite tout de même leur disparition.
J’espère ne pas m’être trop fourvoyé.
Vive la, les zad
Vive les gilets jaunes
Macron démission

Nathalie Cazal      L’art n’a pas de prix tout comme la vie !

Performance des étudiants des Beaux-arts de Paris – 1er mars 2020 – dans la rue devant leur école pendant que celle-ci est louée pour la fashion week – filmé par ACTA – https://www.facebook.com/actazone/videos/639467753511975

LE PRIVE NOUS MET A NU - BEAUX ARTS PARIS

Christine Lapostolle    La fondation Cartier, présentant les photos de Claudia Andujar dans une mise en scène clinquante comme le décor d’une grosse bijouterie, soutient la cause des Indiens Yanomami dont le territoire est menacé, dit un cartel de l’exposition, par une invasion massive de chercheurs d’or; la boucle est bouclée.

Cédric Simon   Accord de fond sur ce que ce texte met en avant. D’abord parce qu’il expose clairement une réalité qu’effectivement beaucoup connaissent, mais taisent. Même si à côté de l’omerta on trouve aussi la complaisance.
Il y a par ailleurs dans les commentaires qui suivent une matière non moins riche sur laquelle alimenter un débat de fond. Finalement, autour de la question de la nature de l’émancipation des artistes vis-à-vis de ce grand capital, sur les modalités effectives de cette émancipation : transformation de la réalité institutionnelle du champ artistique – radicale ou progressive – / processus de destitution.
Mais il me semble que, quelles que soient les nuances, il y a un problème de fond commun autour duquel s’accorder ; à savoir que le travailleur du champ de l’art (artiste ou non) est aujourd’hui largement dépendant de la bonne volonté des élites financières. Ne serait-ce que parce qu’elles donnent le ton ! On retrouve dès lors un système de filtre finalement pas si éloigné de l’autocensure des milieux journalistiques. C’est même vraiment proche finalement ! Journaux et chaines entre les mains des oligarques, musées (moyens de production et de monstration de l’art en général) de même. On voit bien le problème concernant la possibilité même de l’expression d’une pluralité de pensées : on n’alimente pas celles qui dérangent, et puis c’est tout. À l’heure où tout est sur-médiatisé, c’est finalement une condamnation à la marginalité. Jusqu’à ce que ce ne le soit plus.
Il n’est peut être pas nécessaire qu’il y ait une harmonisation des moyens de résistance face à cette domination (pour certains oui, le boycott de ces structures est une possibilité, pour d’autre c’est très difficile, voire impossible). Peut être certains pourront basculer plus totalement et plus rapidement vers d’autres formes, mais il est clair que l’hybridation restera présente encore un certain temps dans la pratique de beaucoup. Même, il est normal que tout le monde ne soit pas d’accord sur tout et c’est tant mieux. Toujours est-il que commencer à manifester l’existence d’une résistance vis-à-vis de ces pratiques (et de la faire savoir!) est un premier pas essentiel pour que d’autres modèles puissent émerger. Je ne crois pas finalement, qu’être « idéaliste » empêche d’être « pragmatique », ou que les uns gênent les autres. Chercher une amélioration des conditions de travail ne signifie pas qu’on renonce à des transformations plus radicales. Tant qu’on ne s’en satisfait pas, la lutte pour l’obtention d’un statut de travailleur de l’art n’empêche pas la volonté de voir advenir de plus amples transformations. Même, souvent dans l’histoire, c’est au moment des concessions que les systèmes dominants ont commencé à s’effondrer.

Catherine Merdy   C’est tout un système qui est à revoir. L’art ne peut être un objet de spéculation. L’art est une nécessité public et de l’intérêt général. Du système capitaliste nait la pensée unique.
Pour une diversité culturelle, il est necessaire que l’art sorte du système.

Marianne Mispelaëre  Bonjour, J’aimerai signer la pétition « Uni-es contre les vampires ». merci pour votre énergie et vos engagements précieux.

Fred Wall°ich    Au commencement était la fin,
Un bon début qui laissait présager
Une éternelle conclusion…

7 Mars 2020 – ART EN GREVE – PARIS BANLIEUE –

BANDEROLLE-THEATRE-CHATELET

⛔️Nos luttes ne sont pas à vendre. Vous voudriez nous voir avaliser et faire la promotion de vos institutions, de vos événements en mal de « street cred ». Mais le « prestige » de vos espaces de pouvoir ne nous intéresse pas ; et la peur d’être exclu·es d’un « milieu » est devenue sans effet. L’art est à nous ; on vous laisse votre culture capitaliste et bourgeoise, vos temples financés par des fondations privées et des entreprises avides de green et de social-washing. Nos gestes et nos énergies artistiques, militantes, politiques ne seront pas assimilées et neutralisées.

Notre collectif, initié par des travailleur·ses de l’art dans l’urgence et la survie, n’est pas un label pour le monde marchand. « L’art est anticapitaliste ou rien du tout », c’est notre mot d’ordre.

Il y a quelques jours, Art en Grève Paris-Banlieue a été sollicité pour une « occupation » du Théâtre du Châtelet – occupation institutionnelle en vérité, un leurre. L’invitation, de toute évidence, était pour nous hors sujet. Mais malgré ce refus, une « performance » d’Art en Grève a été mise au programme, annoncée, et nos demandes de corrections ont été plusieurs fois ignorées. Cette mention de notre participation est d’autant plus cynique et insultante que cette institution, rappelons-le, a agi dès l’origine contre la grève du 5 décembre.
🔥
Que cela soit dit : nous n’occupons pas des lieux sur invitation de collectifs qui font le jeu de la logique capitaliste à l’oeuvre dans les milieux artistiques. Nous occupons où nous voulons, quand nous voulons, pour la durée que nous choisissons, avec nos allié·es dans la lutte et dans la grève.
🔴
Ce qui devait arriver arriva, et nous soutenons l’initiative des camarades s’étant emparé·es de cette étrange occupation pour – sans demander l’autorisation – faire entendre leurs voix dissidentes, populaires, écolos et anticapitalistes, gilets-jaunées!

#l‘art est anticapitaliste ou rien du tout
#giletjaunons les institutions
#tout cramer
#culture capitaliste, riposte populaire

 

Manifestation 29 janvier Art en gréve

L ART ANTICAPITALISTE OU RIEN DU TOUT ! 29 JANV 2020 copie

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