BOYEUSE JANDEROLE par ‘Macron Démission’ (texte placardé à l’école des Beaux-arts de Nice, La Villa Arson )

Le texte ci-dessous a été placardé dans l’école des Beaux-arts de Nice la Villa Arson, il est signé ‘Macron Démission’ et fait suite à la manifestation des étudiant.e.s lors de la venue du Ministre de la culture Franck Riester le 29 mars 2019 . (cf documents et liens à la fin du texte ) . Nous avons décidé de publier ce Manifeste comme une première réponse à l’enquête sur ‘le silence des écoles d’art ‘ menée ici il y a un an.  (https://artdeboutblog.wordpress.com/2018/05/17/enquete-sur-le-silence-des-ecoles-dart/)

 

Hier, le directeur de la Villa Arson Sylvain Lizon nous a convié.e.s à une assemblée générale suite aux « évènements » du vendredi 29 mars. Cette assemblée générale se rapprochait plus d’un cours magistral donné par l’administration que d’un débat collectif.


Pendant une heure, l’administration nous a tenu un discours paternaliste et culpabilisant, nous reprochant d’avoir empêché la discussion et rompu la confiance. Elle a brandi un concept de dialogue vidé de sens. Trois représentants du pouvoir qui se rassemblent lors d’une cérémonie républicaine n’appellent pas plus au dialogue qu’un monologue aux allures d’assemblée. Face à la contestation (une banderole), l’administration et le pouvoir politique témoignent d’une conception abstraite et idéologique du débat : ils en imposent les modalités et le cadre, excluant cette forme d’expression politique. L’action est déclarée illégitime, pas à sa place.


Nous refusons ce jeu de la représentation. Nous refusons de prendre part, en tant que sages petit.e.s étudiant.e.s, au faux dialogue avec l’administration, au « grand débat » avec le pouvoir. Nous considérons cette idéologie du dialogue comme partisane du discours dominant et du maintien de l’ordre. Il nous apparait cynique de parler de dialogue au vu des agissements d’une police répressive, coupable de mort et de mutilation, au service d’une politique sécuritaire, élitiste et xénophobe. Souvenons nous qu’il y a une semaine, Geneviève Legay (74 ans), était hospitalisée suite à une charge de la police. Cela dans la ville la plus surveillée de France qui compte à son palmarès des expulsions de migrants (malgré injonctions du tribunal à assurer leur accueil), une répression violente sur les mouvements étudiant et lycéen (tirs de LBD-40, grenades lacrymogènes) ainsi que refus d’accès à l’eau potable pour les SDF en période estivale.


A ceux qui nous parlent d’état de droit, de démocratie et nous rappellent nos exceptionnelles et coûteuses conditions d’études, espérant de notre part une passivité politique, nous affirmons que si dette il y a, elle est envers les travailleuses et travailleurs qui cotisent, produisent la richesse et nous permettent d’étudier dans les meilleures conditions possibles; et non envers de hauts fonctionnaires soucieux de leur plan de carrière. Nous revendiquons notre solidarité envers celles et ceux qui luttent. Nous nous inscrivons dans un contexte de mobilisation globale de longue haleine. Nous rejoignons le mot d’ordre des ronds points, dépassant les revendications corporatistes et statutaires. Nous prônons l’irruption du politique dans l’école, qui ne peut se vouloir étanche aux revendications populaires, en affichant une fausse neutralité et un mépris certain. La banderole « Macron Démission », loin d’être « pauvre », entend rompre avec le sectarisme ambiant d’école d’art et créer des ponts avec le monde actuel qui est le nôtre.


Nous estimons notre action réussie, dite maladroite mais belle et bien à gauche. Sa réception est révélatrice d’une attitude agressive à l’égard de la contestation. La catégorisation des étudiants comme étant une « menace à la sécurité » de membres de l’Etat, n’est qu’un fantasme plaçant tout opposant dans la radicalité. Vous êtes radicaux dans votre mépris, votre cynisme et votre inconscience politique. Nous revendiquons une école d’art ancrée dans les réalités sociales et politiques du monde contemporain, pas un entre-soi bourgeois conforme aux attentes du pouvoir en place.


Macron Démission

 

 

 

villa arson copie

NOUS NE SERONS JAMAIS UNE ENTREPRISE RENTABLE

ON NE FERA PAS SEMBLANT QUE TOUT VA BIEN

PRIVATISATION DE L’ ENSEIGNEMENT PUBLIC

MACRON DÉMISSION

villa arson 2 copie

 

 

PS : ci- dessous un premier texte des étudiants  paru dans Documentations . Art = https://documentations.art/Villa-Arson-Visite-de-Franck-Riester

Vendredi dernier nous apprenions dans un article paru dans Nice Matin que des étudiants de la Villa Arson avaient tenté de perturber la visite de leur école par le ministre de la Culture Franck Riester. Voici leur version des faits :

Jeudi 28 mars 2019 à 16h18, nous, étudiant.e.s de la Villa Arson recevons un email :

« Bonjour,

A l’occasion de sa venue à Nice, dans le cadre de la candidature de la ville pour l’inscription au patrimoine mondial par l’UNESCO, Franck Riester, Ministre de la Culture, viendra visiter la Villa Arson ce vendredi 29 mars à partir de 10h.

Après des Salutations républicaines sur le parvis d’entrée, le ministre sera invité à découvrir l’établissement en commençant par les expositions en cours puis en visitant des ateliers.

Ce parcours dans les espaces de la Villa sera l’occasion d’échanger avec les membres de la communauté de l’établissement.

Soyez par avance remercié·e·s de votre présence et pour l’accueil que vous lui réserverez.

Bien cordialement
Sylvain Lizon »


Nous nous retrouvons le soir même, et décidons de porter des banderoles pour accueillir le ministre de la Culture Franck Riester. Sur ces banderoles étaient écrites des revendications d’étudiants, avec la liberté pour chacun d’y inscrire ce qu’il désire. On pouvait y lire : « Nous ne serons jamais une entreprise rentable » ; « On ne fera pas semblant que tout va bien » ; « réévaluation du statut des profs/technicien.ne.s », « On veut un.e directeur.trice des études et un.e régisseur.euse » ; « Macron démission » ; non à « hausse des frais d’inscriptions », « -rapprochement avec l’université -baisse ou stagnation des budgets », « privatisation de l’enseignement public », « annulation des formations des professeur.e.s et technicien.ne.s ».

Vendredi 29 mars 2019 à 10h nous nous sommes réunis dans le jardin du Bosco, à l’entrée de la Villa Arson. Le directeur nous demande si nous avons prévu quelque chose, tout en nous soufflant de nous disperser. Nous restons.

Franck Riester, Christian Estrosi, la sous-préfète et des conseillers du ministre arrivent. Nous sortons les banderoles. Ils passent silencieusement devant nous. Nous aussi sommes silencieux. Franck Riester dit Bonjour. La délégation avance jusqu’à l’entrée du bâtiment. Nous les suivons dans le calme. Le cortège ministériel entre dans le grand hall, au son de quelques « Macron démission » scandés par des étudiants. Les portes se referment, bloquées par la police, nous empêchant d’entrer. Nous contournons le bâtiment pour y accéder.

Arrivés dans le hall, des policiers nous empêchent de nous rapprocher du cortège qui visite alors le centre d’art. Postés autour du hall d’entrée nous déployons nos banderoles. L’arrivée du ministre déclenche de nouveaux « Macron démission ».
Le cortège ne veut plus aller dans les ateliers, comme il était initialement prévu. A défaut d’engager un dialogue, le ministre préfère écourter sa visite. A notre retour dans le jardin, des policiers tentent de nous arracher les banderoles.

Cependant, une initiative de la part des professeurs avait été lancée dans le but d’échanger avec le ministre à propos de certaines réévaluations de leurs statuts et salaires. Ainsi, pour favoriser cet échange, les étudiant.e.s ont accepté de remballer leurs banderoles et de se disperser. Sans succès, le départ du ministre était déjà décidé.

Nous avons appris à posteriori par un média local (Nice matin) que le ministre devait initialement recevoir des lycéens dans notre établissement. Nous n’avons en aucun cas bloqué l’accès à l’école ni contesté leur venue, n’en étant pas informé.e.s.

Nous n’avons été prévenu qu’à 16h30 la veille. Nous n’avons donc pas pu nous concerter, pour aller au-delà de banderoles et d’une manifestation silencieuse. Ils nous ont ignorés et nous ont interdit l’accès à l’école pour nous empecher de nous exprimer calmement et respectueusement. Ils ont utilisé notre mécontentement comme prétexte de leur départ précipité, plutôt que de nous recevoir ensemble.

Des étudiant.e.s de la Villa Arson

 

villa arson- jamais une entreprise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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