La pomme empoisonnée — par Stephen Loye & Théo Robine-Langlois

(Un montage d’image qui met en parallèle la création d’EuroDisney et le projet Europacity)

‘La Pomme empoisonnée’ fait partie d’une pratique au long cours qui consiste à visionner et remonter des vidéos qui participent à la construction du mythe que l’on nomme la banlieue. 

 

 

Avec

Les films de la Villeneuve

*DUUU Radio

 

On peut voir les autres films de la même série LA VILLE FUMÉE

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1 commentaire

  1. Ci dessous un commentaire de Jacqueline :

    Bonjour
    Je peux rajouter mon témoignage sur le vif à cette excellente vidéo. Car il se trouve que j’étais là !
    Je travaillais à Matignon, sous la gauche en 1985 au moment de la négociation avec Fabius ; en 1986 sous la droite avec la signature de J. Chirac. A l’époque j’ignorais tout du « pommier », symbole fétiche collectionné par J.Chirac et mon sang s’était glacé en voyant ce président serrer avec effusion les pinces des différents protagonistes, avec sa pomme empoisonnée sous le bras. Pour contrer Disney en 1986, il n’y a eu que deux protestations isolées : un certain Alain Lipietz, écologiste. Et un journaliste de l’Humanité, M. Smadja, qui a publié un ouvrage que j’ai conservé : « Mickey, l’anarque ». Sinon, concert d’éloges et consensus absolu gauche-droite. Signalons un détail de prix du foncier : 1 F le m2, 15 centimes d’euros.

    Et parlons EMPLOI et Main-d’Oeuvre pour les retombées supposées mirifiques de ce GPII. Fin 1986, je déposais à Matignon une demande de congé pour création d’entreprise et je passais un de mes premiers marchés avec l’ANPE IDF pour évaluer les emplois du chantier et du parc après exploitation. Au cours du chantier, j’ai assisté impuissante à une énorme machinerie de guerre de Disney. Je me souviens des entreprises prestataires de marchés dans le domaine des plantations qui recevaient un énorme cahier des charges (jusqu’à 600 pages tout en anglais !) où tout était précisé, y compris le mode de plantation des arbres de haute tige avec des vérins. Les entreprises qui avaient le malheur de s’écarter d’epsilon de la commande et de procéder « à la française » étaient immédiatement remises entre les mains d’une filiale juridique composée de 40 avocats redoutables : « Vous avez signé que vous pouviez le faire ? Vous ne l’avez pas fait ? Contrat rompu ! Dehors ! » J’ai vu des camions entiers repartir avec leur chargement de tonnes de terre végétale, pcq 1/2 journée de retard. Et c’est ainsi que plus de 300 entreprises ont fait faillite au cours du chantier qui a duré de 1989 à 1992. Aucune mémoire historique de cette affaire quand la CCI IDF fait miroiter des juteux contrats pour Europacity/Wanda et consorts.
    Après, même chose pour le recrutement pour lequel l’ANPE avait théoriquement le monopole. Les équipes avaient travaillé pendant 3 ans : accueil et orientations des chômeurs, négociations avec les syndicats professionnels de branches, formations professionnelles de toutes sortes, apprentissage accéléré d’anglais, etc. Au total : les exigences étaient inatteignables pour l’essentiel des chômeurs. Ex : « 800 femmes de chambre parfaitement bilingues ». En peignant les fichiers, on arrivait péniblement à 40 « ayant des notions d’anglais ». Autre ex : les « characters » (les chanteurs danseurs faisant des parades avec des têtes de Mickey, Donald, etc…) les têtes pesaient 28 kgs, donc destinés aux moins de 30 ans. Interdit par l’ANPE (discrimination par l’âge…) De plus, les artistes américains sont polyvalents, savent danser, chanter, jouer de la musique. En France, nos artistes sont spécialisés, un chanteur d’opéra refuse de se commettre à pousser la chansonnette de variété, un danseur ne s’abaisse pas à s’affubler d’une « ridicule » tête de Mickey, un guitariste ne sait pas danser. Seule filière possible : les clowns, pas assez nombreux, pas candidats pour une figuration sans aucune créativité, alors que les écoles du cirque notamment Fratellini étaient si inventives. Et en plus, dans les temps morts, on pouvait tenir la billetterie… Insupportable !
    Bref, recrutements et formations à la marge, challenge global impossible à atteindre. Résultat qq mois avant l’ouverture : intervention du cabinet juridique et des 40 redoutables avocats. « Vous êtes incapables de tenir votre monopole ? On casse le contrat ». Et c’est alors qu’ils ont recruté dans l’Europe entière. Cet été, j’ai fait un petit test sur 100 000 actifs autour de Disney : j’arrive à 4,1% de la main-d’oeuvre locale travaillant à Chessy, village d’implantation du parc. Un score pire que Roissy (5,6%) en plus sur 220 000 actifs. J’ai fait tous les tableaux, j’ai pas eu le temps d’écrire le texte. ça pourrait utilement compléter cette vidéo.
    Quant au parc Disney, ce qui est raconté dans cette présentation n’est pas tout à fait exact, Disney a dû s’adapter (un peu !) au contexte local et n’a pas pu tout à fait cloner son modèle américain. Car au Japon, faire juste l’annonce « dehors » d’une attraction à découvrir à l’intérieur (train fantôme) n’attire pas du tout les japonais : aucun succès, pas la moindre queue de clients. Il a fallu reconstruire et sortir « dehors » partiellement ces attractions pour capturer des candidats. Et quand à la France, devinez ? C’est bien évidemment sur la question « bouffe » que les américains ont coincé. Mais il y avait qq mois auparavant l’échec du parc Astérix qui avait dû peu après l’inauguration casser tous ses bâtiments en « restauration rapide » pour mettre des restaurants places assises et cet avatar servait d’avertissement. Et bien sûr Disney avait partiellement retenu la leçon. Mais là encore, ils ont dû s’améliorer en gastronomie, car comme disait des interviewés français de souche (!) lors de l’inauguration du parc Astérix : « pour une fois qu’on sort, on en profite pour se taper une bonne cloche ! »… venant totalement contredire le comportement américain : manger un sandwich vite fait et faire un maximum d’attractions (« C’est nul !! »). Et non, en France, la bouffe, c’est sacré.

    Cette dernière histoire confirme à mon avis les chances de succès du projet Carma !!

    Bon, ben c’est pas tout ça, mais je vous quitte, car je ne vais quand même pas sacrifier mon déjeuner, surtout que je me suis confectionné un petit gratin de poireaux, origine France, bio bien sûr.
    Bon appétit !
    Jacqueline

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