du vandalisme —par Arnaud Elfort

« Ainsi tous les bas instincts qui sommeillent dans les profondeurs troubles du subconscient, mais qui n’attendent que l’occasion de remonter à la surface et de se déchaîner comme les « locustes » venimeuses de l’Apocalypse sortant du puits de l’abîme, tous les mauvais génies de la destruction, du pillage, du lucre, de l’envie, de la superstition et de la vengeance se partagent à tour de rôle la responsabilité des ravages du vandalisme. »
Louis Réau, Histoire du vandalisme

Littéralement, le vandalisme fait référence aux migrations des nombreux guerriers germains qui arrivèrent en Europe occidentale et orientale au cinquième siècle après J.-C., et qui auraient eu la particularité d’être d’insensibles destructeurs… Il reprend le nom d’un de ces peuples, les Vandales, qui fondèrent le royaume du même nom en Afrique du Nord et dans les îles de Méditerranée occidentale, de 429 à 534. Ils pillèrent Rome en 455 : un méfait qui leur valut cette infamante célébrité. Ce ne furent pourtant pas les seuls à saccager Rome, ni les plus brutaux.

Pourquoi les vandales ? Louis Réau dans son Histoire du vandalisme avance la sonorité du terme, ainsi qu’une simplicité de prononciation, comme raison de ce choix : vandalisme plutôt que wisigothisme, burgondisme, ou ostrogothisme, que saxonisme, ou encore hunisme, etc. (gothisme était déjà pris). Dans ce contexte, nommer (et qualifier) une pratique, par un néologisme rappelant une “invasion barbare“, n’est-ce pas une façon péjorative de dire que ladite pratique nous est exogène, malgré son autochtonie apparente, puisque spécifique à ces peuples ? Le choix de vandalisme à la place d’iconoclasme est idéologique. Il signifie la volonté d’expurger cette pratique du monde chrétien, du monde occidental.

Si le terme vandalisme n’a pas été inventé par l’Abbé Grégoire (1) (un auteur anglais l’aurait utilisé avant lui), il est celui qui l’institutionnalise, pendant la Révolution française, par la publication de trois rapports (2) destinés à limiter les destructions des révolutionnaires qui se fourvoient en cela, parce que « les barbares et les esclaves détestent les sciences, et détruisent les monuments des arts ; les hommes libres les aiment et les conservent. » (3) Rapports dans lesquels il fustige cette pratique qualifiée en substance d’ignorance contre-révolutionnaire, d’atteinte aux lumières, mais également conséquente d’une manipulation aristocratique étrangère, qui viserait à s’approprier les richesses artistiques du pays à moindres coûts.

Vandalisme révolutionnaire? Dans cette période complexe et chaotique, il s’agit au départ d’une pratique spontanée. (4) Dans les archives parlementaires numérisées, on retrouve une courte allocution d’un citoyen de la section Henri IV qui vient « instruire l’Assemblée » d’une initiative collective : « Ils ont renversé la statue du roi dont cette section portait le nom » au motif qu’« il était roi sans le consentement du peuple et qu’il ne fallait pas que le français libre fût désormais offusqué par aucun monument qui lui rappelât ses maîtres ». Cet argument sera déterminant, il est repris le jour même dans le décret du 14 août 1792 relatif à la destruction des monuments susceptibles de rappeler la féodalité : « L’assemblée nationale, considérant que les principes sacrés de la liberté et de l’égalité ne permettent point de laisser plus longtemps sous les yeux du peuple français les monuments élevés à l’orgueil, aux préjugés et à la tyrannie ; Considérant que le bronze de ces monuments, converti en canons, servira utilement à la défense de la Patrie, décrète qu’il y a urgence. » (5) Notons qu’avec la parution du décret, les destructions ont un caractère officiel. L’ordonnance définitive d’une justice citoyenne, exécutée avec fracas. Un vandalisme démocratique à échelle nationale.

[…]

Quant à nos révolutionnaires, malgré leur lucidité, le problème, pour eux, restait entier. Que faire ? Tout détruire ? Un peu excessif peut-être ? Par la suite une solution sera trouvée (on y reviendra), mais sur le moment, ils optèrent pour quelques coups d’éclats, histoire de marquer les esprits, ainsi qu’une tempérance de leur radicalité par des mesures conservatrices. C’est l’article 4 du décret du 14 août 1792, celui du vandalisme, qui se propose aussi de conserver des œuvres de grandes qualités artistiques (6) : « La commission des monuments est chargée expressément de veiller à la conservation des objets qui peuvent intéresser essentiellement les arts, et d’en présenter la liste au Corps législatif, pour être statué ce qu’il appartiendra ». Mais également les décrets du 16 septembre 1792.

Quand on lit le compte rendu du fil des discussions à l’assemblée, où des citoyens (sous certaines conditions, j’imagine) pouvaient venir s’exprimer, on perçoit la spontanéité, l’effervescence du moment et la distance qui nous en sépare. Car l’assemblée était dans le moment présent et gérait au jour le jour de nombreuses problématiques. Cette improvisation, cette urgence, c’est ce qui donne aussi cette impression de contradiction des décrets, comme si rien n’était acquis.

L’outrage de la basilique de Saint-Denis, sera une sorte d’apogée vandale républicaine, qui accéléra en retour la patrimonialisation. Lors de la séance parlementaire du 1er Août 1793, Barère fit cette proposition : « Pour célébrer la journée du 10 août qui a abattu le trône, il fallait, dans le jour anniversaire, détruire les mausolées fastueux qui sont à Saint-Denis […] effacer impitoyablement ces épitaphes superbes », car, dit-il, « les tombeaux mêmes avaient appris à flatter les rois ». (7) La proposition fut acceptée, et donna suite à la rédaction d’un décret : « Les tombeaux et mausolées des ci-devant rois, élevés dans l’église de Saint- Denis, dans les temples et autres lieux dans toute l’étendue de la République, seront détruits le 10 août prochain. » (8) Let’s celebrate ! Ainsi furent exhumées, puis détruites, les sépultures royales, la nécropole de la basilique où Mérovingiens, Carolingiens, Robertiens, Capétiens, Valois, Bourbons se décomposaient, puis profanés les tombeaux pendant plusieurs jours. […]

gisants saint denis

Si vous avez l’occasion de visiter la basilique de St Denis, faites-le ! Désormais les gisants sont exposés dans la nef de l’église. Leur nombre impressionnant, leur paisible beauté contraste avec la violence de la profanation. D’ailleurs, le rapport de Dom Germain Poirier (9), témoin des opérations, est également consultable en ligne, ainsi que le livre d’Alexandre Lenoir (10).

Pourquoi ces gisants sont-ils visibles aujourd’hui ? […] Je suppose que devant l’ampleur de la tâche : le nombre de tombes à exhumer (plus de cent-cinquante), le plomb à fondre, les matières précieuses à récupérer, la curiosité morbide à assouvir, les restes tangibles de ces dynasties de prestige à néantiser, les gisants n’étaient pas prioritaires et furent épargnés. En effet cet outrage achevé, la représentation de la monarchie de droit divin s’en trouvait désincarnée et presque insignifiante. Surtout, Alexandre Lenoir, alors gardien du dépôt des Petits-Augustins (1791-1795), les transporta au couvent des Petits-Augustins pour les protéger, ignorant si la fureur révolutionnaire, après avoir démembré la nécropole royale, ne se serait pas retournée contre les gisants, histoire de finir le travail.

En 1795, après récupération et sauvegarde de nombreux objets (après la nationalisation des biens du clergé et de l’aristocratie, un nombre important de ces derniers intégrait les collections nationales), ledit couvent deviendra le musée des Monuments français, un musée mythique par les choix d’accrochage de son conservateur. Sans doute aussi pour son caractère éphémère, son statut de musée disparu, qui n’existe désormais que par le récit. Mais, par la décontextualisation des oeuvres présentées, et la neutralisation de leur usage, on pourrait se demander, s’il ne s’agit pas, là encore, d’une forme de vandalisme. Un vandalisme sémantique. Bien après sa fermeture, ce site devint l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Mais en fait… il n’y aurait pas un, mais des vandalismes. Des, parce que ces vandalismes n’ont rien à voir entre eux, tant sur les moyens et leur contexte d’apparition qu’au niveau du sens. […] Je parle, pour ma part de polysémie du vandalisme. On peut faire au moins trois grandes catégories simples —idéalement il faudrait des subdivisions (11) : vandalisme illégal, vandalisme légal, et vandalisme régularisé.

Le vandalisme illégal, c’est le vandalisme dans sa définition usuelle, et connoté péjorativement, utilisé a posteriori pour nommer et disqualifier un acte, une pratique, condamnable tant moralement que judiciairement.

brule
On entend par là : des dégradations partielles ou des destructions totales de biens publics ou privés, dites gratuites, motivées par l’ennui, sans raison apparente ou pour le plaisir de détruire…et qui seraient perpétrées par des jeunes (tags inscrits, abris bus endommagés, poubelles et voitures détruites, etc.) (12), voire des très jeunes (fait divers de l’école maternelle vandalisée par des enfants de 5 à 13 ans). Entraînant poursuites, condamnations et peines : Article R 635-1 (13) et Article 322- 1 (14) du Code pénal, notamment. À noter qu’à dommages équivalents, la loi punit plus lourdement les amateurs de tags (pourtant vieux comme le monde). Ainsi pour le cas de « dommages légers, la peine maximale pour avoir fait un tag ou un grafiti est de 3750 € d’amende, et un travail d’intérêt général, qui peut consister en la réparation des dégâts causés sur un équipement public. » Alors que pour tout autre acte de vandalisme, des « dommages considérés comme légers, la peine maximale pour un acte de vandalisme est de : 1 500 € d’amende, et d’un travail d’intérêt général (TIG), qui peut consister en la réparation des dégâts causés sur un équipement public » (15). Mieux vaut jeter une pierre sur une vitrine (enfin, là aussi, il y a sans doute quelques subtilités quant au choix de ladite vitrine) !

Cette pratique picturale et cursive (le but ultime étant d’atteindre une sorte d’omniprésence), a rencontré un vif succès auprès de la « jeunesse » qui s’est reconnue dans cette graphie, tandis que la réception par le grand public fut pour le moins paradoxale puisque le statut d’auteur leur était dénié dans l’artistique (notamment dans sa forme radicale de pure signature, le tag donc), mais reconnue dans le délictuel (pour cette même signature). Ainsi, cette pratique fut criminalisée pour une triple appropriation : de l’espace urbain (public et privé), de l’écriture et de la peinture. Jeunesse à désœuvrer de la démocratisation de l’art. Et cette pratique appropriative ne fut tolérée qu’au prix de concessions décoratives.

Le vandalisme légal est anonyme et n’est pas reconnu. Au regard de la loi, il n’y a pas d’infraction. Ces destructions sont légitimes. Non pas que ce vandalisme soit réalisé dans l’indifférence générale ou que personne ne s’y oppose, mais après réflexion, les décideurs tranchent en sa faveur. Ce qui échappe aux valeurs dominantes, se retrouve alors menacé, frappé du sceau : quantité négligeable. C’est notre planète qui en fait les frais, décimée par l’irresponsabilité et les attractions morbides.

zad avril good

Proche de nous, c’est l’expulsion de la ZAD de Notre Dame des Landes à coup de grenades, la destruction des cabanes et des projets de vie. C’est à coté de chez moi, un ancien verger, aujourd’hui à « l’abandon », dans lequel les habitants de la ville vont se promener et cueillir des fruits, qui va disparaître pour que se construise un « éco-quartier ». Ou encore la destruction de symboles minoritaires : Vincennes rasée, des arbres replantés sur le site universitaire pour qu’on oublie jusqu’à l’endroit de cette expérience dans la forêt ; Billancourt rasée pour laisser la place à un complexe immobilier et culturel, au revoir l’usine, bye bye mémoire des luttes sociales. Ailleurs, un arbre est abattu pour un parking parce qu’il prend une place. Des abris de fortunes sont broyés au bulldozer un petit matin pour des raisons d’hygiène, de salubrité publique, ou de sécurité.

[…]

Enfin, une troisième forme de vandalisme qui est illégal au moment de l’acte, puis qui s’institutionnalise au fil du temps, notamment parce que la société change (lois, mentalités, etc.), perdant cette qualification nominale quand il gagne en légitimité : c’est le vandalisme régularisé.

bastille

Je crois qu’en France l’exemple le plus parlant est le 14 juillet, jour de la fête nationale française qui commémore la prise de la Bastille. Or ce qu’on célèbre, même si on a parfois tendance à l’oublier, c’est une insurrection, le vandalisme, la destruction de la prison. Et ce qui amusant, c’est que ce vandalisme est devenu un symbole républicain et un mythe fondateur. Chaque année ce mythe est convoqué, mais sans retour par ceux qui simulent son appel. Car la célébration d’un moment d’insurrection populaire a été pacifiée en une démonstration de force politique et militaire, lui assignant ainsi un nouveau contenu qui n’a rien à voir avec son référent historique ; et où le peuple est passé d’un statut d’acteur à celui de spectateur. Privé de sa dimension subversive, il ne peut et ne doit que regarder ce spectaculaire dispositif de commémoration, ces vagues successives, cette martiale chorégraphie se briser sur le littoral du non-événement où s’échoue l’imaginaire du changement par la rue.

Et si, malgré tout ces efforts de propagande, une foule rêvant à l’état d’éveil y voyait encore autre chose ? Et si, elle était prête à l’actualiser ?À la reprendre à son compte et pas gentiment la commémorer ? À s’en souvenir activement (ou poétiquement)?

Qu’on élève une barricade

Pour monument aux Fédérés !

Eugène Pottier, Le monument des Fédérés (mai 1883)

Eugène_Atget_-_Mur_des_Fédérés_en_1900_-_Père-Lachaise

.

(Ces extraits font partie d’une publication d’Arnaud dont on reparlera très bientôt.)

.

Notes

1. Henri Jean-Baptiste Grégoire, dit l’abbé Grégoire (1750-1831), est une figure emblématique de la Révolution française. Connu pour ses rapports sur le vandalisme ainsi que par ses positions abolitionnistes, il faisait partie de la Société des amis des Noirs et écrit l’ouvrage De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités morales et leur littérature, en 1808. Grégoire contribua aussi à la création, en 1794, du Conservatoire national des arts et métiers

2. Henri Grégoire, Rapport sur les destructions opérées par le vandalisme, et sur les moyens de le réprimer : séance du 14 fructidor, l’an second de la République une et indivisible ; suivi du Décret de la Convention nationale, de l’Imprimerie nationale, 1794 – 28 pages. URL : https:// books.google.fr/books?id=lMVlIU153WAC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Henri Grégoire, Second rapport sur le vandalisme par Grégoire, séance du 8 brumaire, l’an III : suivi du décret de la Convention nationale, et imprimé par son ordre, de l’Imprimerie nationale, 1794. URL : https://archive.org/details/secondrapportsur00greg
Henri Grégoire,
Troisième rapport sur le vandalisme, de l’Imprimerie nationale.

URL : https://archive.org/details/troisiemerapport00greg_0

et aussi….

Henri Grégoire, Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française.

3. Ibid

4. « Une députation des citoyens de la section de Henri IV est admise à la barre. L’orateur de la députation s’exprime ainsi : « Législateurs, je viens, au nom des citoyens de la section de Henri IV, instruire l’Assemblée qu’ils ont renversé la statue du roi dont cette section portait le nom. C’est à regret que nous l’avons abattue et les vertus de ce roi nous ont arrêtés quelques temps. Mais nous n’avons bientôt plus hésité lorsque nous avons songé qu’il était roi sans le consentement du peuple et qu’il ne fallait pas que le Français libre fût désormais o usqué par aucun monument qui lui rappelât ses maîtres. »

Archives numériques de la Révolution française, Archives parlementaires, Tome 48 : Du 11 août au 25 août 1792, Séance du mardi 14 août 1792, page 115. URL : https://frda.stanford. edu/fr/catalog/ns351vc7243_00_0118

5. « L’Assemblée nationale, considérant que les principes sacrés de la liberté et de l’égalité ne permettent point de laisser plus longtemps, sous les yeux du peuple français les monuments élevés à l’orgueil, au préjugé et à la tyrannie; considérant que le bronze de ces monuments, converti en canons, servira utilement à la défense de la patrie, décrète qu’il y a urgence. L’Assemblée nationale, après avoir décrété l’urgence, décrète ce qui suit :

Art.1er. Toutes les statues, bas-reliefs, inscriptions et autres monuments en bronze, ou en toute autre matière, élevés dans toutes les places publiques, temples, jardins, parcs et dépendances, maisons nationales, même dans celles qui étaient réservées à la jouissance du roi, seront enlevées à la diligence des représentants des communes, qui veilleront à leur conservation provisoire.

Art. 2. Les représentants de la commune de Paris feront, sans délai, convertir en bouches à feu tous les objets énoncés en l’article premier, existants dans l’enceinte des murs de Paris, sous la surveillance du ministre de l’intérieur, de deux membres de la commission des armes, et de deux membres de la commission des monuments.

Art. 3. Les monuments, restes de la féodalité, de quelque nature qu’ils soient, existants encore dans les temples ou autres lieux publics, et même à l’extérieur des maisons particulières, seront, sans aucun délai, détruits à la diligence des communes.

Art. 4. La commission des monuments est chargée expressément de veiller à la conservation des objets qui peuvent intéresser essentiellement les arts, et d’en présenter la liste au Corps législatif, pour être statué ce qu’il appartiendra.

Art. 5. La commission des armes présentera incessamment un projet de décret, pour employer, d’une manière utile à la défense de chaque commune de la France, la matière des monuments qui se trouveront dans leur enceinte. » Ibid

6. 16 Septembre = 15 Novembre 1792. — Décret relatif au triage et à la conservation des statues, vases et autres monuments des arts qui se trouvent dans les maisons ci-devant royales et autres édi ces nationaux. (L., t. XI, p. 4o5 ; B., t. XXIV, p. 944.)
« L’Assemblée nationale considérant, qu’en livrant à la destruction les monuments propres à rappeler les souvenirs du despotisme, il importe de préserver et de conserver honorablement les chefs-d’œuvre des arts si dignes d’occuper les loisirs et d’embellir le territoire du peuple libre, décrète qu’il y a urgence. L’Assemblée nationale, après avoir décrété l’urgence, décrète ce qui suit :

Art. 1er. Il sera procédé, sans délai, par la commission des monuments, au triage des statues, vases et autres monuments placés dans les maisons ci-devant dites royales et édi ces nationaux, qui méritent d’être conservés pour l’instruction et pour la gloire des arts.

Art. 2. Du moment où ce triage aura été fait , les administrateurs feront enlever les plombs, cuivres et bronzes jugés inutiles, les feront transporter dans les ateliers nationaux, et enverront au ministre de l’intérieur les procès-verbaux et inventaires de leurs opérations.

Art. 3. En attendant que les monuments qu’il importe de conserver aient pu être transportés dans les dépôts qui leur seront préparés, les administrations sont chargées de veiller spécialement à ce qu’il ne leur soit apporté aucun dommage par les citoyens peu instruits, ou par des hommes malintentionnés.

Art. 4. Le présent décret sera a ché aux maisons ci-devant dites royales, et autres lieux renfermant des monuments utiles aux beaux-arts. »

16 septembre 1792, décret qui réunit à la commission des monuments la commission nommée en vertu du décret du 11 août (B., t. XXIV, p945.)
« L’Assemblée nationale, considérant qu’il importe de conserver aux beaux arts et à l’instruction publique les chefs d’œuvre épars sur la surface de l’empire, décrète ce qui suit :

Art. 1er. La commission nommée en vertu du décret du 11 août, l’an 4° de la liberté, pour la recherche des tableaux, statues et objets précieux dépendant du mobilier de la couronne, est et demeure réunie à la commission des monuments, nommée en vertu des décrets de l’Assemblée nationale.

Art. 2. Les dépositaires et gardes des tableaux, dessins, statues, qui ont été nommés par la commission du 1 1 août ; en vertu du décret dudit jour, seront logés au Louvre, et soumis au régime qui sera déterminé par le ministre de l’intérieur, d’après l’avis de la commission.

Art. 3. Le ministre de l’intérieur est autorisé à prendre toutes les mesures et faire les dépenses nécessaires sur le fonds destiné annuellement aux arts et aux sciences, pour seconder les travaux de ladite commission, en ce qui concerne la recherche et la conservation des tableaux, statues et autres monuments relatifs aux beaux arts, renfermés dans les églises et maisons nationales, et dans celles des émigrés, lesquels objets seront recueillis, pour la

répartition en être faite entre le Muséum de Paris et ceux qui pourraient être établis dans les autres départements

Art. 4. L’inventaire raisonné desdits objets sera imprimé, et il en sera fait, tous les ans, un récolement par des préposés du pouvoir exécutif, sous la surveillance des commissaires de l’Assemblée nationale.»
Collection Complète des Lois, Décrets, Ordonnances, Règlements, et Avis du Conseil-d’État, publiée sur les éditions o cielles du Louvre, de l’imprimerie nationale, par Baudoin, Tome quatrième, Chez A. Guyot et scribe, libraires éditeurs, Paris, p 534. URL : https://books.google. fr/books?id=QTg_AAAAcAAJ&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

7. « Il fallait, dans le jour anniversaire, détruire les mausolées fastueux qui sont à Saint- Denis. Dans la monarchie, les tombeaux mêmes avaient appris à atter les rois. L’orgueil et le faste royal ne pouvaient s’adoucir sur ce théâtre de la mort ; et les porte-sceptres qui ont fait tant de maux à la France et à l’humanité, semblent encore, dans la tombe, s’enorgueillir d’une grandeur évanouie. La main puissante de la République doit e acer impitoyablement ces épitaphes superbes, et démolir ces mausolées sans douleur, qui rappelleraient encore des rois l’e rayant souvenir. » Archives numériques de la Révolution française, Archives parlementaires, Tome 70 : Du 30 juillet au 9 août 1793, Séance du jeudi 1 août 1793, page 103. URL : https://frda.stanford.edu/fr/catalog/xm282fx2304_00_0109?mode=ocr

8. Ibid, p108

9. Dom Germain Poirier, Rapport sur l’exhumation des corps royaux à St-Denis. URL: http://www2.culture.gouv.fr/Wave/image/archim/Pages/03185.htm

10. Alexandre Lenoir, Musée des monuments français, Guilleminet 1801
URL : https://books.google.fr/books?id=O0NPnxXoRssC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_s ummary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

11. Louis Réau propose une liste plus abondante de vandalismes dans son introduction, notamment une « classi cation des variétés du vandalisme. Destructeur ou restaurateur, religieux ou antireligieux, sentimental ou utilitaire, amical ou malveillant ». On pourrait ajouter politique ou idéologique, juvénile, etc. Liste non-exhaustive. In : Louis Réau, Histoire du Vandalisme : Les Monuments Détruits de l’Art Français, Paris, hachette, 1959.

12. URL : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1514

13. URL : https://www.legifrance.gouv.fr/a chCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArti cle=LEGIARTI000006419539&dateTexte=&categorieLien=cid

14. URL : https://www.legifrance.gouv.fr/a chCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArti cle=LEGIARTI000006418258&dateTexte=&categorieLien=cid

15. Ibid

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