Carta de Mexico : Oda a las espinacas. / Lettre du Mexique : Ode aux épinards. —par Ilazki de Portuondo

La traduction en français en dessous.


 

Hola NG,

No conocía a María Llopis, me dio gusto leerla.

Sí, te he leído y me gusto leerte.

Bueno pues, por mi lado estoy en pleno cuestionamiento.

Está mal decirlo de esta manera porque las decisiones están ya en camino: en mis actos, en mi práctica artística y la manera en la cual me enuncio. No me reconozco en ningún grupo feminista y a la vez, me reflejo en muchos pensamientos feministas. No tengo más ganas de decir o escribir que soy feminista. Lo soy y quiero (porque creo que lo es) que tome parte de mí como algo digerido. Quiero que sea diluido entre otras cosas. Siento que al afirmar ante todo que soy feminista es como mantener una pancarta a la manera de una extension corporal, un tipo de muleta. ¡Estoy harta que sea una necesidad, porque sí lo es! Quiero proyectarme como proyectar los feminismos como algo tomado en cuenta, indispensable. Quiero que el feminismo tome parte de todos los pensamientos y consideraciones.
¡Así que ya basta! ¡Hago como si fuera, porque es necesario que lo sea!
Los debates mediáticos que surgieron y que, una y otra vez, reactivaron la supremacía machista y sobre todo siguen defendiéndola en frente al #metoo, me dan asco.
Entonces, no lo enuncio como lo hacía antes. Justo porque las prácticas feministas encajan por todas partes y yo/nosotrxs soy/somxs plurales. Amo mi feminismo, como amo mis investigaciones sobre la música, como amo mi práctica artística, como amo cocinar, como amo drogarme, como amo mis amistades, como amo acariciar y penetrar, y todo esto es indispensable para mí.
La tontería de esa gente que tiene miedo de tragar un sorbo de feminismo me desespera y me cansa. Lo van a beber conmigo porque no lo mencionaré más en la etiqueta. Qué pena que no conozcan su sabor para detectarlo. Estarán contaminados sin tener la posibilidad de saberlo. Habría que ser un poco más valiente para empaparse los labios y poder tener una opinión construida y ubicada. Quiero que esté presente sin tener el deber de legitimarlo.

Es como decir que no nos gustan las espinacas sin probarlas, negando las miles de maneras de cocinarlas, prefiriendo conformarse al prejuicio común e infantil que las espinacas “no son buenas”. A los que “no les gustan las feministas” y se acercaran a mí y me hablaran, me leerán o se sentirán tocados (o no) por lo que hago, habría que estar más atentos porque es evidente que soy feminista. Así que, porque deseo un mundo donde las feminismos tomen parte de nuestros pensamientos de manera generalizada, hago como si no hubiera la necesidad de decirlo.

­

¡Quiero hacer como si estuviéramos porque ya estamos!
Te mando un abrazo fuerte,

Y otra vez : me gusta leerte en letras mayusculas.

Ilazki de portuondo


 

Salut NG,

Non je ne connaissais pas Maria Llopis et j’ai aimé la lire.

Oui je t’ai lu et j’ai aussi aimé te lire.

Hé bien, pour ma part, je suis en plein questionnement.

C’est mal dire de le dire comme cela, parce que finalement les décisions sont déjà en chemin : que ce soit dans mes actes, ma pratique artistique et ma façon de m’énoncer. Je ne me reconnais dans aucun groupe féministe et me reflète dans beaucoup de pensées féministes à la fois. Je n’ai plus envie de dire ou d’écrire que je suis féministe. Je le suis et je veux (car je crois que ça l’est) que cela fasse partie de moi comme quelque chose de digéré. Je veux que ce soit dilué parmi pleins d’autres choses. J’ai la sensation qu’affirmer avant toute chose que je suis féministe,  c’est tenir une pancarte comme une extension corporelle telle une béquille. J’en ai marre que se soit une nécessité, parce que oui c’en est une! Je veux me projeter et projeter les féminismes comme quelque chose de pris en compte, indispensable. Je veux que les féminismes fassent partie de toutes pensées et considérations. Je veux que ce soit présent sans que nous ayons le devoir de le légitimer.

Alors tant pis, je fais comme si, parce qu’il y a besoin que ce soit.

Les débats médiatiques qui ont surgi et qui ,encore et encore, réactivent la suprématie machiste et qui la défendent en réaction aux #metoo me dégoûtent.

Donc, je ne l’avance plus comme je le faisais avant. Les pratiques féministes s’insèrent partout et je/nous suis/sommes plurielles. J’aime mon féminisme, comme j’aime ma recherche sur la musique, comme j’aime ma pratique artistique, comme j’aime la cuisine, comme j’aime me droguer, comme j’aime mes amitiés, comme j’aime caresser et pénétrer et tout cela m’est indispensable.

La bêtise de ces gens qui ont peur d’avaler une gorgée de féminisme me désespèrent et me fatiguent. Ils vont le boire avec moi, car je ne le mentionnerai plus sur l’étiquette. Tant pis pour eux s’ils n’en connaissent pas le goût pour le détecter. Ils en seront contaminés à leur insu. Ils avaient qu’à être un peu plus courageux pour y tremper leurs lèvres et en avoir une opinion construite et positionnée. C’est comme dire « qu’on aime pas les épinards » sans jamais les avoir goûtés, nier les milles façon de les cuisiner  et préférer se conformer à ce préjugé commun et enfantin que les épinards « c’est pas bon ». Pour ceux qui n’aiment pas les féministes et qui me parleront, me liront ou seront touchés (ou pas) par ce que je fais, n’auront qu’à être plus attentifs car c’est évident que je suis féministe. Alors, comme je souhaite un monde où les féminismes font partie de nos pensées de façon généralisée, je fais comme s’il n’y avait pas besoin de le dire. Je veux faire comme si on y était parce qu’on y est !

Je t’embrasse fort
et encore une fois : j’aime te lire en lettres majuscules.

Ilazki de Portuondo

1 commentaire

  1. j’aime que ce soit toi qui pénètre ! donc ton féminisme ‘invisible’ organique c ‘est comme de la sorcellerie ? magie ? une forme de poison – ou de potion magique qui contamine celui qui ose t ‘approcher ? épine-art 😉

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